Tous les articles par Sylvie Chabas

Comment le silence agit-il sur notre cerveau ?

 

méditer pour se soigner

Le neuroscientifique Michel Le Van Quyen était l’invité de La Tête au carré pour parler du pouvoir du silence. Suite à une paralysie faciale, le chercheur se fait arrêter. C’est ainsi qu’il prend conscience du besoin de silence du cerveau et se consacre à l’écriture de son nouveau livre Cerveau et silence. Il nous explique donc pourquoi le silence est primordial pour notre concentration, et même notre santé. 

Réecouter l’émission LES POUVOIRS DU SILENCE

 

Programme MBSR- Mai et Juin 2020

« En général, nous voyons ce que nous voulons voir plutôt que ce que nous avons sous les yeux . Nous regardons mais sans forcément appréhender ni comprendre. Peut être nous faut-il accorder notre vision comme nous accordons un instrument, pour augmenter sa sensibilité, sa portée, sa clarté ?  Il s’agirait alors de voir les choses telles qu’elles sont réellement et non telles que nous voudrions ou redouterions qu’elles soient, ou ce que nous sommes conditionnés socialement à voir ou à ressentir.    »                               

Jon Kabat-Zinn 

Le programme MBSR-Mindfulness Based Stress Reduction ( la réduction du stress par la pleine conscience)

est un programme évolutif conçu sur 8 semaines par le Pr Jon Kabat Zinn. 

Ce programme vous aidera à explorer, par votre propre expérience, comment il est possible  d’amener plus de conscience dans votre vie. 

IL s’adresse à tous publics et nécessite l’instauration d’une pratique méditative quotidienne. 

Ces 8 semaines sont une véritable immersion dans votre expérience de vie et sont conçues pour que vous deveniez autonome dans votre pratique. 

 

Nouveau programme du 03 mai au 28  juin 2020

INSCRIPTION OUVERTE 

  • les dimanches matins de 11h à 13 h 30 à l’Espace TerraNova ( Paris 09 )                         

Programme MBSR- dimanche matin à Paris 09 – Mai et Juin 2020

Faire de la méditation une pratique régulière

avec 

Le programme MBSR( Mindfulness Based Stress Reduction)  La réduction du stress par la méditation de pleine conscience

 

Les dimanches de 11 h à  13h30

à  l’Espace TerraNova. Paris 09

apprendre à méditer

Planning détaillé du prochain cycle 

Séance 1 : Dimanche 3 mai  2020 / 11h-13h30
Séance 2 : Dimanche 10 mai 2020 /  11h-13h30
Séance 3 : Dimanche 17 mai 2020 / 11h-13h30
Séance 4: Dimanche 24 mai  2020 / 11h -13h 30 

Dimanche 31 mai . Week end de la pentecôte. Pas de séance 

Séance 5 : Dimanche 07 juin 2020 / 11h -13h 30 
Séance 6 : Dimanche 14 juin  2020 /  11h -13h 30
Séance 7 : Dimanche 21 juin  2020 /  11h-13h30
Séance 8 : Dimanche 28 juin  2020 / 11h-13h30

Me contacter :
sylvie@mbsr-pleine-conscience.org

Adresse :

L’ Espace TerraNova

7,9 rue de Bellefond
Paris 09
Métro : Poissonnière
Entrée par le n°9 de la rue de Bellefond
(s’informer pour le code)

L’occasion pour vous de découvrir ce lieu unique où une équipe pluridisciplinaire de praticiens  viennent exercer ( ostéopathie, hypnothérapie, réflexologie plantaire, massages bien-être et autres pratiques  de médecine douce et bien-être global )
https://www.espaceterranova.com/

Pour s’inscrire au programme ou s’informer  :
sylvie@mbsr-pleine-conscience.org

tel :  06 07 35 41 66

Important :

  • Un entretien téléphonique  préalable est nécessaire pour valider l’inscription.
  • Les personnes qui le souhaitent peuvent apporter leurs coussins ou  sièges de méditation…
  •  Il est recommandé de porter des vêtements souples et confortables afin de s’assoir sur un coussin de méditation et   effectuer les exercices de yoga inclus dans le programme.

Le groupe est limité à 10 personnes 

Tarif du stage de 8 semaines de MBSR-Mindfulness :

410 euros tout inclus ( les 8 séances et le matériel pédagogique )

Possibilité de régler en 2 chèques séparés  lors de la 1er séance 
60 € d’arrhes sont demandés pour valider l’inscription 

 

Diplôme Universitaire Médecine Méditation Neurosciences de Strasbourg

8eme édition du  DU Médecine, Méditation Neurosciences de l’Université de Strasbourg .

Méditation marchée au petit matin. Mont Saint Odile.
( dec 2019) 
merci à e. degrave d’avoir saisi cet instant 🙂 

Meditation et recherches scientifiques
© E Degrave

Au menu de cette intense semaine :
Approcher au mieux notre expérience grâce à la méditation. Les grandes lignes du programme MBSR animé par Jean Gérard BLOCH  et Eric RINNER.  
Qu’est ce qui fait que nous comprenons les choses différemment? Patricia TASSI Professeur en psychologie clinique.
Les liens corps-esprit dans la médecine traditionnelle chinoise. Michel ODOUL.
Qui étaient les thérapeutes d’ Alexandrie ? Jean Yves LELOUP 
Histoire de la médecine occidentale et des liens corps-esprit. Christian BONAH. Histoire et épistémologie des sciences 
Le cerveau humain à la lumière de la morphologie évolutive. Jean Marie LUMINOR
Qu’est ce qu’un cerveau attentif ? Jean Philippe LACHAUX, neurobiologiste. INSERM Lyon 
Neuroplasticité cérébrale. Etudes décrivant les changements neuroanatomiques induits par la méditation. Méditation et régulation de la douleur.  Antoine LUTZ, chercheur en neurosciences INSERM Lyon 
Comment notre ADN devient-elle sensible à notre environnement? Epigénétique et méditation. Perla KALIMAN, Dr en biochimie 

 

Ma liste d’ouvrages sur la Mindfulness -Méditation de pleine conscience

Où tu vas tu es  de John Kabat Zinn 

L’art de la méditation
de Matthieu Ricard 

L’éveil des sens  de John Kabat Zinn 

Bonheur de la méditation  de Rinpotche, Yongey Mingyour

Méditer jour après jour de Christophe André 

Au coeur de la tourmente, la pleine conscience  de John Kabat Zinn 

La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression Zindel Segal, Mark Williams, JohnTeasdale  

Bouddha, mode d’emploi pour une révolution intérieure
de Jack Kornfield

Après l’extase, la lessive de Jack Kornfield

Le cerveau de Bouddha de Rick Hanson

Apprendre à méditer 
Bob Stahl et Elisa Goldstein 

Vivre sans pourquoi de Alexandre Jollien 

Comment je suis devenu 10 % plus heureux de Dan Harris 

Le livre tibétain de la vie et de la mort de Sogyal Rinpoché

Méditer c’est se soigner  de Dr Frédéric Rosenfeld

Quelques grammes de silence de Erling Kagge

 

 

 

Patti Smith on Slate

« «J’avais écrit cette phrase quelques années plus tôt en guise de déclaration d’existence, de serment d’assumer mes propres actes, écrit-elle dans son autobiographie Just KidsLe Christ était un homme qui valait la peine qu’on se rebelle contre lui, car il était la rébellion même.»

 

10 choses que vous ne savez (peut être) pas sur l’album « Horses » de  Patti Smith 

Article Slate- Annabelle Georgen-Août 2015

 

 

sylvie-chabas-instructrice-Mbsr-Paris

 

« Jésus est mort pour les péchés de quelqu’un, mais pas pour les miens « 

 

 

 

lnter-être ou l’interdépendance de tous les phénomènes

Par Thich Nhat Hanh 

Si vous êtes poète, vous verrez clairement un nuage flotter dans cette feuille de papier. Sans nuage, il n’y aurait pas de pluie; sans pluie, les arbres ne pousseraient pas ; et sans arbre, nous ne pourrions pas faire de papier.

 

Le nuage est essentiel pour que le papier soit ici devant nous. Sans le nuage, pas de feuille de papier. Ainsi, il est possible de dire que le nuage et la feuille de papier « inter-sont ». Le mot « inter-être » ne figure pas encore dans le dictionnaire, mais en combinant le préfixe « inter » et le verbe « être », nous obtenons un nouveau verbe, inter-être. Sans nuage, nous n’aurions pas de papier ; nous pouvons donc dire que le nuage et la feuille de papier inter-sont. 
En regardant encore plus en profondeur dans cette feuille de papier, nous y voyons aussi le soleil. Sans soleil, la forêt ne pourrait pousser. En fait, rien ne pourrait pousser, nous ne pourrions nous développer. Par conséquent, nous percevons aussi la présence du soleil dans cette feuille de papier. 

Le papier et le soleil inter-sont. 

En continuant d’observer, nous découvrons également le bûcheron qui a coupé l’arbre et l’a amené à la fabrique de papier. Et nous voyons aussi le blé : nous savons que cet homme n’aurait pu vivre sans son pain quotidien. C’est pourquoi le blé qui a servi à la confection du pain dont s’est nourri le bûcheron, est présent dans cette feuille de papier. Et le père et la mère du bûcheron y sont également. Si nous observons de cette manière, nous remarquons que, sans tous ces éléments, cette feuille de papier ne pourrait exister. 

En examinant encore plus profondément, 
nous y découvrons aussi notre présence. 

Ce n’est pas difficile à voir : lorsque nous regardons cette feuille, celle-ci fait partie de notre perception. Votre esprit s’y trouve et le mien aussi. Par conséquent, nous pouvons dire que tout est présent dans cette feuille de papier. Il vous sera impossible de me montrer une seule chose qui n’y soit pas – le temps, l’espace, la terre, la pluie, les minéraux du sol, le soleil, le nuage, la rivière, la chaleur. . . Tout coexiste avec cette feuille de papier. Voilà pourquoi je pense que le mot « inter-être » devrait être dans le dictionnaire. 

« Etre, c’est inter-être ». 
Vous ne pouvez pas « être » simplement par vous- même. 
Vous devez forcément inter-être avec toutes les autres choses. 

Cette feuille de papier est parce que tout le reste est. Supposez que nous essayions de retourner un seul de ces éléments à sa source. Supposez que nous renvoyions sa lumière au soleil. Pensez-vous que l’existence de cette feuille de papier soit alors possible ? Non, sans la lumière du soleil, rien ne peut exister. Si nous retournions la bûcheron à sa mère, nous n’aurions pas non plus de papier. Le fait est que cette feuille est uniquement constituée d’éléments « non-papier », et que, si nous retournions ces éléments « non-papier » à leurs sources respectives, il n’y aurait alors plus de papier du tout. Sans ces éléments « non-papier », tels que l’esprit, le bûcheron, la lumière du soleil, etc., il n’y a pas de papier. Aussi fine que soit cette feuille, elle contient en elle-même tout l’univers. » 

Le Coeur de la Compréhension, édition du Village des Pruniers, pp. 7-10 
Thich Nhat Hanh

Méditer fait du bien au cerveau – article paru dans Les Echos ( sept 2019 )

Le neurologue belge Steven Laureys publie chez Odile Jacob un livre très accessible montrant tous les bienfaits de la méditation sur notre esprit. Le moine bouddhiste Matthieu Ricard a été son cobaye avant de devenir son préfacier.

 

la méditation et ses effets sur le cerveau
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Les livres sur la méditation font florès. Mais  « La Méditation, c’est bon pour le cerveau » (Odile Jacob, septembre 2019) se détache du lot, en ce sens qu’il est signé par un neurologue mondialement réputé. Le Dr Steven Laureys dirige, au CHU de Liège, le Centre du cerveau. Spécialiste du coma et des états de conscience altérés, il fait le point sur tout ce que la neurologie a pu apprendre et démontrer au sujet des bienfaits de cette pratique héritée du bouddhisme sur notre matière grise et notre état mental. Passionnant.

Votre livre illustre l’intérêt que la méditation, sous ses différentes formes (« de concentration sur la respiration », « de pleine conscience »), commence à susciter dans la communauté neuromédicale. Où en sont les recherches sur ce que vous appelez les « neurosciences contemplatives » ?

 

On constate depuis le début des années 2000 une montée en flèche du nombre d’études sur la méditation. Rien que l’an dernier, on a recensé plus de 1.200 articles scientifiques sur la seule méditation de pleine conscience, ce qui traduit à l’évidence un intérêt réel et grandissant. Cela dit, du point de vue méthodologique, toutes ces études ne se valent pas, il y a à boire et à manger. Si l’on ne considère que les études cliniques, plus lourdes à mettre en place mais aussi plus rigoureuses et plus solides, la méditation est encore loin de faire jeu égal avec la médication ! Un peu plus de 1.300 études cliniques lui ont été consacrées au cours des vingt dernières années, un chiffre à comparer aux 4.500 études cliniques conduites en moyenne chaque année sur les antidépresseurs. A l’évidence, on ne peut pas attendre de l’industrie pharmaceutique qu’elle consacre autant d’argent à la méditation, qui représente pour elle un retour sur investissement nul, qu’au développement de nouvelles molécules. La médecine d’aujourd’hui néglige encore trop les alternatives à la pharmacopée, qu’il s’agisse de la méditation ou d’autres techniques. Je suis convaincu que la médecine de demain sera plus globale, plus intégrative : elle piochera plus volontiers dans une boîte à outils qui contiendra les médicaments, car il est évident que ceux-ci sont parfois nécessaires, mais ne s’y limitera pas.

Pour les expériences que vous avez menées à Liège, vous avez bénéficié d’un cobaye de choix en la personne de votre ami le moine bouddhiste Matthieu Ricard, qui compte plus de 60.000 heures de méditation au compteur. Ce n’est pas vraiment Monsieur Tout Le Monde…

La présence de Matthieu Ricard était pour nous, scientifiques, une opportunité extraordinaire, et il faut se féliciter que des êtres d’exception comme lui acceptent de quitter leur monastère pour venir de temps en temps s’enfermer dans nos labos. Evidemment, comme vous le dites, Matthieu n’est pas exactement Monsieur Tout-le-monde. Mais, en même temps, quand on entreprend de mesurer avec nos instruments – IRM structurelle et fonctionnelle, PET Scan, électroencéphalographie (EEG), etc. – les effets de la méditation sur le cerveau, il est plus facile de les détecter et de les décrire précisément si l’on a affaire à un grand athlète de l’esprit, à un médaillé d’or olympique de la méditation, qu’à un simple novice. En neurologie comme dans d’autres sciences, c’est bien souvent par l’étude des « cas extrêmes » qu’on fait progresser les connaissances. Cela dit, nombre d’études montrent – et c’est le message numéro un de mon livre – que la méditation commence à avoir des effets positifs sur le cerveau dès les premiers exercices. Il suffit de s’y mettre, et c’est à la portée de tout un chacun. Pas besoin de devenir moine bouddhiste !

Ces effets, justement, quels sont-ils ?

Ils se manifestent à un triple niveau. Sur la structure même du cerveau, d’abord : il est fascinant de constater, grâce à l’imagerie, que la pratique de la méditation se traduit in fine par un épaississement de la matière grise dans des zones déterminantes pour l’attention (cortex cingulaire et préfrontal), la régulation interne de nos émotions (insula et amygdale) et la mémoire (hippocampe). Sur la connectivité du cerveau, ensuite : la matière blanche, ces faisceaux d’axones myélinisés qui interconnectent les neurones formant la matière grise, est elle aussi renforcée par la méditation. Je peux vous dire que, pour un septuagénaire, Matthieu a une matière blanche exceptionnelle ; les deux hémisphères de son cerveau, notamment, sont beaucoup mieux connectés entre eux que ce à quoi on peut s’attendre de la part d’un homme de son âge. Le troisième et dernier niveau auquel on perçoit par imagerie les effets de la méditation est celui de l’activité cérébrale elle-même.

A cet égard, vous vous arrêtez assez longuement dans votre livre sur une étude publiée en 2004 dans la prestigieuse revue « PNAS »…

Oui, car c’était une étude remarquable, qui a fait date. Elle impliquait d’ailleurs déjà Matthieu Ricard qui en a été l’un des co-signataires avec Antoine Lutz, un chercheur de l’Inserm à Lyon que je considère comme le pionnier, en France, des études de neurosciences sur la méditation. Elle montrait que le cerveau d’un patient en train de méditer émet plus d’ondes gamma que la normale. Ces ondes électriques de très haute fréquence (supérieure à 35 Hz) que sont les ondes gamma témoignent d’une activité cérébrale intense, par exemple lorsque nous accomplissons une action qui met tous nos sens en éveil. L’activité électrique enregistrée sur le cerveau des grands méditants montre une plus grande présence d’ondes gamma, quelle que soit la tâche effectuée. La même étude mettait aussi en lumière, chez ces sujets, une activité très intense au niveau du cortex préfrontal gauche par rapport à la partie droite, ce qui a été interprété comme la preuve d’une capacité très développée à ressentir des affects positifs. En cas de dépression, c’est souvent l’inverse qui se présente.

Votre propre groupe, à Liège, a lui aussi été à l’origine d’une première mondiale, résumée dans une étude parue l’an dernier dans « Brain Stimulation » et également co-signée par Matthieu Ricard…

Oui, et je peux vous dire que le jour où nous avons pour la première fois réalisé cette expérience, nous avons eu le sentiment de vivre une journée historique ! Lorsque vous allez chez votre généraliste et qu’il vous tapote le genou avec un petit marteau, votre jambe bouge sans que vous n’y puissiez rien : c’est un réflexe. Notre expérience consiste à faire un peu la même chose avec le cerveau. Avec une espèce de maillet placé sur le dessus de la tête et envoyant de puissantes ondes magnétiques, on a activement stimulé une zone précise du cerveau de Matthieu et observé comment celui-ci réagissait. Ce test, très robuste, a déjà été pratiqué sur des centaines de sujets « ordinaires » et, à chaque fois, on a pu constater que le cerveau ainsi soumis à ce choc externe s’en trouve perturbé, il réagit d’une façon quasi « réflexe », sans que la volonté du patient n’y puisse rien. Sauf dans le cas de Matthieu Ricard. Sa longue pratique de la méditation lui a donné un tel contrôle de son esprit qu’il a été capable, pour la première fois dans l’histoire de la neurologie, d’influencer ce test, et dans deux sens opposés !

Qu’entendez-vous par « dans deux sens opposés » ?

Dans la théorie de l’information intégrée de mon ami le neuroscientifique Giulio Tononi, dont ce test est dérivé, le degré de conscience est exprimé par un chiffre variant de 0 à 1. Pour un état cérébral donné, ce degré de conscience reste constant, un sujet n’a pas de prise sur lui ; il diminue en revanche de deux tiers si ce sujet entre dans un sommeil profond et sans rêve, ou s’il subit une anesthésie générale, ou si un accident le plonge dans le coma. Mais lorsque Matthieu est entré, à notre demande, dans une méditation de pleine conscience, les enregistrements de son activité cérébrale effectués parallèlement au test du choc externe ont révélé un degré de conscience supérieur à la valeur attendue. A l’inverse, lorsque nous lui avons demandé de se mettre dans un état d’« opacité cognitive auto-induite » – disons, pour simplifier, une sorte d’état zombie -, nous avons pu constater qu’il avait très vite réussi à faire descendre nos valeurs mesurées. Cela dit, j’insiste sur le fait qu’il s’agit là d’un résultat exceptionnel, dont seuls des champions de la méditation sont capables.

Et pour les autres, les débutants ?

La méditation produit là aussi des effets sur le cerveau, de plus en plus d’études le montrent sans ambiguïté. Le cerveau n’est pas un muscle, mais il est doué d’une formidable propriété – la plasticité – qui rend la comparaison avec un muscle pertinente. Pratiquer telle ou telle forme de méditation permet de « muscler » telle ou telle zone de son cerveau. C’est comme pour le sport, un terme tout aussi générique que celui de méditation. On ne renforce pas les mêmes muscles selon que l’on soulève des haltères ou que l’on fait un jogging. On choisit une discipline sportive en fonction du bénéfice que l’on souhaite en retirer. Il en va de même avec la méditation, dont il existe de multiples formes. Mais toutes ont des effets bénéfiques sur le cerveau, que l’on soit malade ou en bonne santé, que l’on aille mentalement bien ou pas…

Yan Verdo