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Comment agir sur le cerveau sans drogue ?

La magazine de la santé de la chaîne suisse RTS a diffusé en décembre 2016 un documentaire très bien documenté sur les effets de la méditation sur le cerveau et la santé. L’angle retenu : comment agir sur le cerveau sans drogue ?

Ecoles, entreprises, sportifs, hôpitaux, la méditation de pleine conscience, « Vipassana » ou « Mindfulness » séduit toujours plus de monde. Même les forces de l’ordre s’y mettent!
Souvent associé au Bouddhisme, cet entrainement mental a diverses origines historiques. L’objectif est toutefois identique: développer un état de conscience particulier en portant attention, sans jugement, au moment présent.
Quel serait l’impact de la méditation sur le cerveau et notre santé ? Qu’en disent les professionnels et les personnes qui la « pratiquent » régulièrement ? Parmi les nombreux témoignages, il y a celui d’une patiente atteinte de sclérose en plaque: « La méditation m’aide à accepter l’inacceptable » relève cette dernière.

Un reportage de Christophe Ungar et Ventura Samarra

La deuxième partie de cette émission aborde l’usage des stupéfiants et autres substances récréatives et comment ils agissent sur le cerveau.
C’est pour le moins surprenant d’avoir mélangé ces deux sujets au sein d’une même émission  car la méditation n’a strictement rien à voir avec un état modifié de conscience…mais bon ! Le point commun étant : Et le cerveau dans tout ça ?

 

Emission 36.9° du 14 décembre 2016.

 

 

 

La méditation peut-elle contribuer au «bien vieillir» ? – Le Figaro 23/09/16

mbsr-pleine-conscience-mindfulnessLa méditation serait associée à une amélioration des capacités cognitives, principalement l’attention et les fonctions exécutives, mais aussi la mémoire, qui sont les fonctions les plus sensibles à l’âge.

AVIS D’EXPERT – Un entraînement mental à la régulation du stress et des émotions permettrait d’améliorer la santé mentale des seniors, soutient Gaël Chételat, directrice de recherche Inserm.

La question du bien vieillir occupe une place grandissante dans notre société. Ainsi, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans en Europe devrait passer de 86 millions (18 % de la population) en 2005 à environ 120 millions (24 %) en 2040. Comme l’incidence des problèmes de santé augmente avec l’âge, cette croissance du nombre de seniors représente un enjeu social et économique majeur pour les sociétés européennes. Par exemple, plus de 50 % des personnes âgées ont des problèmes de sommeil, 10 à 15 % sont atteintes de dépression, et 7 à 10 % développent une démence (Jané-Llopis and Gabilondo, 2008). Continuer la lecture de La méditation peut-elle contribuer au «bien vieillir» ? – Le Figaro 23/09/16

Mindfulness, Le bonheur est dans le présent – 3 Mars 16 E.sante.fr

meditation-mbsr-pleine-conscience-paris-sylvie-chabasLa méditation Pleine Conscience n’est pas une pratique de relaxation ou une méthode antistress. C’est une technique qui apprend à être dans le réel de l’instant, un antidote à la « pollution attentionnelle » croissante à laquelle nous sommes soumis. C’est aussi un moyen de prendre soin de soi, de mieux gérer la douleur, l’anxiété et la dépression. Méditer c’est, d’une certaine manière, se soigner.

La Pleine Conscience, une méditation laïque

La Pleine Conscience, aussi connue sous le nom de « Mindfulness », est la technique de méditation qui monte. La méditation Pleine Conscienceest un univers très vaste souvent teinté de spiritualité et de religion. Ce qui caractérise la Pleine Conscience, c’est son approche laïque, codifiée et validée par des études scientifiques. C’est en quelques sortes le « noyau central » de toutes les techniques de méditation. Il s’agit de s’entraîner à poser son esprit dans l’instant présent (le corps, le bruit…) et non dans le virtuel de ses pensées, d’arrêter un instant sa course pour prendre conscience de ce qui se passe en soi et hors de soi, ne pas être dans l’anticipation (projets, difficultés) ni dans la rumination (échecs etc.), que celle-ci soit dirigée vers le futur ou le passé. La méditation Pleine Conscience » a été codifiée il y a près de 30 ans par le biologique américain Jon Kabat-Zinn, version laïque d’une approche religieuse : la méditation boud­dhiste. Continuer la lecture de Mindfulness, Le bonheur est dans le présent – 3 Mars 16 E.sante.fr

Presse : Méditation et Santé

.Le Figaro Sept 2016 :
La méditation peut-elle contribuer au « bien vieillir » ? – Le Figaro 23/09/16
La méditation serait associée à une amélioration des capacités cognitives, principalement l’attention et les fonctions exécutives, mais aussi la mémoire, qui sont les fonctions les plus sensibles à l’âge.

. Le Monde ( Avril 2015 )
Dépression : la méditation, une alternative aux antidépresseurs en cas de rechute 
Les thérapies fondées sur la « méditation de pleine conscience » ( type MBCT Mindfulness Based Cognitive Therapy ou Thérapie Cognitive basée sur la Pleine Conscience ) sont une « alternative » aussi efficace que les traitements standard avec antidépresseurs contre les rechutes dépressives, selon une étude publiée dans la revue médicale The Lancet

. Le Nouvel Observateur ( Janvier 2014 )
Dossier : Guérir par la pensée (PdF 5,3 Mo)

. L’Express (  Mai 2013)  L’anxiété. Comment en sortir?  Les conseils du gourou de l’Amérique : Pr Jon Kabat- Zinn   (Pdf 1,4 Mo ) Continuer la lecture de Presse : Méditation et Santé

Journées Emergences. Conférence Guido Bondolfi

Si vous voulez mieux comprendre ce qui se passe dans le cerveau quand nous méditons, voici une bonne synthèse ( durée 1 heure ) :

l’intervention du Pr Guido Bondolfi, professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de l’Université de Genève. Le son est très mauvais… mais tout est parfaitement clair.

Journée d’Etude Interdisciplinaire sur la Pleine Conscience.

Paris, 26 septembre 2010.

Conférence organisée et mise en ligne par l’asso Emergences. Bon visionnage …

Neurosciences et Pleine Conscience — Guido Bondolfi from Emergences on Vimeo.

Recherche scientifiques : Méditation et immunité

Meditation-pleine-conscience-ImmunitéUne étude publiée en 2003 par Richard Davidson et Jon Kabat-Zinn  » Alterations in brain and immune function produced by mindfulness meditation » a mis en lumière le lien entre méditation et immunité.

 L’étude en question consistait à enregistrer l’activité électrique du cerveau de sujets en bonne santé avant et après un entraînement à la méditation de pleine conscience, lequel se présentait sous la forme d’un programme de réduction du stress MBSR mis au point par Jon Kabat-Zinn.

Un premier enregistrement électroencéphalographique fut effectué juste avant le début du programme-c’est à dire au bout de huit semaines d’entraînement à la pleine conscience – et un troisième quatre mois plus tard. Les résultats obtenus furent sans équivoque : comparés aux sujets d’un groupe contrôle qui n’avait pas suivi l’entraînement MBSR, les individus ayant pratiqué la pleine conscience affichaient une augmentation significative de l’activation de leur cortex préfrontal gauche, au repos et dans des situations stressantes .

Cette augmentation était associée à une amélioration de l’humeur globale, à une diminution du niveau d’anxiété, à une plus grande capacité à rester positif dans des circonstances négatives , à une facilité accrue à trouver des  solutions aux conflits et aux difficultés, à un plus grand dynamisme et à un meilleur engagement dans le travail. Et fait remarquable, tous ces changements ont persisté jusqu’à à la fin de l’étude , c’est à dire quatre mois après l’arrêt de l’entraînement à la pleine conscience. De plus, Davidson et Kabat-Zinn ont observé, chez les individus entraînés à la MBSR, une corrélation étroite entre l’accroissement de l’activité du cortex préfrontal gauche et l’augmentation de la production d’anticorps par le système immunitaire . En conclusion , cette étude montre que l’entraînement à la pleine conscience accroît les défenses de l’organisme  et joue un rôle régulateur de première importance au niveau des mécanismes psycho-corporels impliqués dans le développement des maladies et la préservation de la bonne santé.

Extrait de l’ouvrage de Thierry Janssen / Le défi positif

(Ed Les liens qui libèrent )

Recherche scientifique : Méditation et douleur

Meditation-pleine-conscience-DouleurUne heure de méditation suffirait à réduire de façon importante la douleur chronique et la perception que le cerveau peut en avoir, selon le Dr Fadel Zeidan, de l’Université Wake Forest, en Caroline du Nord. Dans le cadre d’une étude, lui et ses collègues ont noté une diminution d’environ 40% de l’intensité de la douleur et de 57% du niveau d’inconfort y étant lié chez des sujets qui n’avaient jamais médité auxquels on avait offert une formation de quatre séances de 20 minutes sur la façon de contrôler sa respiration et de faire le vide dans ses émotions et ses pensées. En comparaison, la morphine et les médicaments contre la douleur font décliner celle-ci de 25%, souligne le Dr Zeidan dans un article publié dans le Journal of Neuroscience d’avril 2011.

Ces résultats corroborent ceux du Pr Pierre Rainville, chercheur à l’Université de Montréal et à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, publiés en 2011 dans la revue Pain. Lui et son équipe ont constaté que les adeptes de la méditation zen étaient moins sensibles à la douleur que les sujets qui ne la pratiquaient pas. «Nous avons démontré que même si ces personnes ont conscience de la douleur et semblent la ressentir, elles paraissent abréger le processus en s’empêchant d’interpréter ou d’étiqueter les différents stimuli comme douloureux», souligne le neuropsychologue.

Le Pr Rainville et son équipe ont réussi à expliquer les différences de comportement par rapport à la douleur grâce à l’imagerie par résonance magnétique. Ils ont observé que la sensation n’était pas traitée dans la zone du cerveau responsable de l’évaluation, du raisonnement et de la formation de la mémoire. Ils ont aussi noté que l’épaisseur des fibres nerveuses dans les zones relatives aux émotions et à la douleur, entre autres dans le cortex cingulaire antérieur, était plus importante chez les adeptes de la méditation. Plus les sujets ont pratiqué celle-ci longtemps, plus ces zones étaient épaisses et meilleure était leur résistance aux sensations douloureuses.

MEDITATION, DOULEURS ET SOUFFRANCE

Dans les démarches dites psycho-éducatives, on a l’habitude en médecine d’apprendre aux patients à différencier douleur et souffrance. La douleur est une réalité biologique, pouvant être corrigée par les médicaments antalgiques. La souffrance correspond à l’impact psychologique de la douleur.

Dans la méditation de pleine conscience, on encourage les patients à accepter la présence de la douleur (cela ne peut donc se faire au début qu’avec des douleurs modérées, inutile de faire preuve de stoïcisme), mais en évitant de laisser leur attention se centrer sur elle. En effet, le mouvement naturel de notre esprit, lorsque nous souffrons, est de nous focaliser sur ce qui nous fait souffrir : la douleur occupe alors seule tout l’espace de notre conscience. Lors de la « digestion »méditative de la souffrance, on s’efforce d’ouvrir l’espace de la conscience à d’autres phénomènes : prêter attention à la respiration, aux parties du corps qui ne souffrent pas, aux sons ; on s’efforce d’observer les pensées que fait naître la souffrance(« Je ne supporterai pas cela longtemps… ») avec le plus de recul possible, etc.

Plutôt que de chasser la souffrance de notre esprit, l’idée est de la « diluer » dans un contenant plus vaste, fait de l’ensemble de ce que nous ressentons, et pas seulement celui des ressentis douloureux. Inutile de préciser que cela requiert un certain entraînement…

Quand cet entraînement est régulier, les effets deviennent mesurables, tant sur la diminution subjective des sensations douloureuses, que sur leurs fondements cérébraux.

De nombreuses études de neuro imagerie ont attesté des changements entraînés par les pratiques méditatives. Ces changements peuvent être anatomiques, tel l’épaississement de l’insula, la région du cortex qui permet de décoder l’état de nos viscères associé aux expériences émotionnelles.Mais ils peuvent aussi être fonctionnels, avec des mécanismes d’action variés : plusieurs études ont montré que la moindre réactivité à la douleur résulte de deux mécanismes différents selon que l’on considère des pratiquants débutants ou confirmés. Chez les débutants, il s’agit d’un contrôle de type top down, ou de haut en bas, c’est-à-dire partant du cortex préfrontal – la structure cérébrale hiérarchiquement la plus élevée – pour limiter l’activité de l’amygdale cérébrale – appartenant au cerveau limbique, ou émotionnel. Schématiquement, cela correspond à « se calmer » par des stratégies verbales d’auto contrôle et de relativisation des douleurs ressenties.

En revanche, les méditants plus expérimentés bénéficient eux d’un contrôle de type bottom up, de bas en haut : leur cerveau « traite » les informations douloureuses à la source, au niveau de l’amygdale et des structures voisines, sans avoir besoin de stratégies verbales. C’est comme si la méditation avait amélioré la tolérance spontanée à la douleur, évitant à cette dernière de se transformer en souffrance mentale.

Source : journal Cerveau et Psycho n° 52 ( Juillet –Aout 2012)